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100e d’Amos : Pas cons, ces Grands Colons

[caption id="attachment_1647" align="aligncenter" width="576"]Dessin Carolyne Trudel coloc abitibi temiscamingue Une illustration de l'artiste Caroline Trudel (www.cetcreation.com)[/caption] Loin de leur famille et portés par la volonté de fuir la Grande dépression, une coupe de colons sautent dans le train comme des proies se lancent du pont pour déjouer les serres du faucon. Debout, dans un wagon tiré par le rêve, ils s'entassent sur le dos du chemin de fer. Dans une forêt d'épinette glacée, ils débarquent des rails avec un seul bagage, un carburant rare nommé : espoir. Pendant que la vapeur du train charrie les colons. Ici, la sueur développe et solidifie une patrie. À coup de hache et à coût de sacrifices, les colons tous ensemble assemblent un berceau. L'hiver. Le temps est lent, le temps est froid. L'effort apporte un petit confort et ranime la flamme de l'espoir. Ensemble, les surhommes se surmènent.

Ils forcent et ils pleurent.

Ils continuent sinon tranquillement ils meurent. À la taverne pour se rallier, ils raillent. Tous ces rires, c'est pour éviter de dérailler. Ça laisse le temps de se souvenir du passé, tout en oubliant les douleurs du présent. À la maison, dans les cheminées : ils consument un chaud brasier. Dans le ciel d'Amos-Est, des filets de fumée disparaissent et des enfants naissent. Au travers le boulot, peu souvent ils prennent soin de leurs gamins. Ils labourent par amour pour leur assurer un lendemain. Malgré l'acharnement dans le sang, ils ralentissent à petit feu. Parce qu'au fond d'eux crépit le rêve de vivre une autre vie, celle qu'ils lèguent à leurs enfants. Ils ne sont pas cons, ce sont des Grands colons. Ce qu'ils accomplissent, c'est pour que demain.

Aujourd'hui.

On y soit bien.